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Hépatite D

Hépatite D



Principaux points

  • Le virus de l’hépatite D (VHD) est un virus à acide ribonucléique (ARN) qui a besoin du virus de l’hépatite B (VHB) pour se répliquer. L’infection par le VHD ne peut être qu’une co-infection simultanée avec le VHB ou une surinfection.
  • Le virus se transmet par contact avec le sang ou d’autres liquides biologiques d’un sujet infecté.
  • La transmission verticale de la mère à l’enfant est rare.
  • Environ 15 millions de personnes dans le monde ont une co-infection chronique par le VHD et le VHB.1.
  • Il n’existe pour l’instant aucun traitement antiviral efficace pour l’hépatite D.
  • La prévention de l’hépatite D passe par la vaccination contre l’hépatite B.

L’hépatite D est une maladie du foie pouvant prendre la forme aiguë et la forme chronique; elle est due au virus de l’hépatite D (VHD) qui a besoin du VHB pour se répliquer. Il ne peut pas y avoir d’hépatite D en l’absence du virus de l’hépatite B. La co-infection avec le VHB ou la surinfection par le VHD entraîne une maladie plus sévère que la mono-infection par le VHB.
Le vaccin contre l’hépatite B est la seule méthode de prévention de l’infection par le VHD.

Répartition géographique

On estime que dans le monde, 5% des personnes porteuses de l’antigène de surface HBs sont co-infectées par le VHD et elles se répartissent sur l’ensemble du globe. Les zones de forte prévalence sont les suivantes: Méditerranée, Moyen-Orient, Pakistan, Asie centrale et du Nord, Japon, Taïwan, Groenland, certaines régions d’Afrique (principalement la Corne de l’Afrique et l’Afrique de l’Ouest), le bassin de l’Amazone et certaines zones du Pacifique. La prévalence est en revanche faible en Amérique du Nord, en Europe du Nord, en Afrique du Sud et en Asie orientale.

Transmission

Les voies de transmission sont les même pour le VHD que pour le VHB: voie percutanée ou sexuelle par contact avec du sang ou des dérivés sanguins infectés. La transmission verticale est possible mais rare. La vaccination contre le VHB évite la co-infection par le VHD; le développement des programmes de vaccination contre l’hépatite B dans l’enfance a donc entraîné une baisse de l’incidence de l’hépatite D au niveau mondial. On a observé néanmoins dans certaines circonstances une hausse de la prévalence de l’hépatite D chez les personnes qui s’injectent des drogues ou à la suite de migrations en provenance de régions où le VHD est endémique.

Symptômes

Hépatite aiguë: l’infection simultanée par le VHB et le VHD peut entraîner une hépatite modérée à sévère, voire fulminante, mais la guérison est en général complète et l’évolution vers une hépatite D chronique est rare (moins de 5% des cas d’hépatite aiguë).
Surinfection: le VHD peut infecter un sujet déjà porteur d’une infection chronique par le VHB. Cette surinfection accélère à tous les âges et chez 70% à 90% des personnes l’évolution vers une forme plus grave. La surinfection par le VHD accélère de près de 10 ans l’évolution vers la cirrhose par rapport à la mono-infection par le VHB, bien que le VHD empêche la réplication du VHB. On ne connaît pas encore le mécanisme par lequel le VHD entraîne une hépatite plus grave et une évolution plus rapide de la fibrose hépatique que le seul VHB.

Qui est exposé au risque?

Les porteurs d’une infection chronique par le VHB sont exposés au risque d’infection par le VHD.
Les personnes qui ne sont pas immunisées contre le VHB (soit après avoir contracté la maladie, soit en ayant été vaccinés contre ce virus) sont exposées au risque d’infection par le VHB, ce qui les expose aussi au risque d’infection par le VHD.

Dépistage et diagnostic

On diagnostique l’infection par le VHD en mettant en évidence des titres élevés d’immunoglobulines G (IgG) et d’immunoglobulines M (IgM) anti-VHD. Le diagnostic est confirmé par la détection sérique de l’ARN du VHD.
Toutefois, les diagnostics du VHD ne sont pas couramment disponibles et il n’y a pas de standardisation des essais portant sur l’ARN de ce virus, utilisés pourtant pour contrôler la réaction au traitement antiviral.

Traitement

Il n’existe pas de traitement spécifique pour l’infection aiguë ou chronique par le VHD. La persistance de la réplication de celui-ci est le principal facteur prédictif de mortalité et du besoin d’un traitement antiviral. L’interféron alpha pégylé est le seul médicament efficace contre le VHD; les analogues nucléosidiques actifs contre le VHB n’ont que peu ou pas d’effet sur la réplication du VHD.
La durée optimale du traitement n’est pas encore bien définie, pas plus que le délai pendant lequel un patient doit rester négatif pour l’ARN du VHD à la fin du traitement si on veut obtenir une réponse virologique durable. Une durée de traitement supérieure à un an pourrait être nécessaire.
Globalement, les taux de réponse virologique durable restent faibles, y compris chez l’enfant, et la plupart des patients rechutent à l’arrêt du traitement. On pourra envisager une transplantation du foie dans les cas d’hépatite fulminante ou d’affection hépatique au stade terminal. Il faut de nouveaux principes actifs et stratégies thérapeutiques; certains médicaments novateurs, comme un inhibiteur de la prénylation ou des inhibiteurs d’entrée du VHB, ont donné des premiers résultats prometteurs.

Prévention

La prévention contre l’infection par le VHD et la lutte passent par la prévention de la transmission du VHB au moyen de la vaccination contre l’hépatite B, de la sécurité transfusionnelle, de la sécurité des injections et des services de réduction des effets nocifs. En revanche, la vaccination contre l’hépatite B ne confère aucune protection contre le VHD chez ceux qui sont déjà infectés par le VHB.

Action de l’OMS

L’OMS ne donne pas de recommandations spécifiques sur l’hépatite D; néanmoins, la prévention de l’hépatite B au moyen de la vaccination, de la sécurité des injections, de la sécurité transfusionnelles et des services de réduction des effets nocifs en fournissant des aiguilles et des seringues propres, est efficace pour prévenir la transmission du VHD.
En mai 2016, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté la première Stratégie mondiale du secteur de la santé contre l’hépatite virale, 2016 2021. Celle-ci insiste sur le rôle crucial de la couverture sanitaire universelle et les cibles de la stratégie sont alignées sur celles des objectifs de développement durable.
Cette stratégie vise à éliminer l’hépatite virale des problèmes de santé publique, ce qui est résumé dans les cibles mondiales demandant de réduire de 90% le nombre des nouveaux cas et de 65% le nombre des décès dus à l’hépatite virale d’ici à 2030. Les mesures à prendre par les pays et le Secrétariat de l’OMS pour atteindre ces cibles sont décrites dans la stratégie.
Pour aider les pays à progresser et à atteindre les cibles mondiales concernant l’hépatite au titre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, l’OMS travaille dans les domaines suivants:
  • sensibilisation, promotion des partenariats et mobilisation des ressources;
  • élaboration de politiques fondées sur des bases factuelles et obtention des données pour agir;
  • prévention de la transmission; et
  • développement des services de dépistage, de soins et de traitement.
L’OMS organise également, le 28 juillet de chaque année, la Journée mondiale contre l’hépatite pour sensibiliser les populations et leur faire mieux connaître les hépatites virales.

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